RENTREE DES CLASSES

My apologies to my English speaking readers. This poem asked to be written in French…

Je me souviens de jours sans danger.

Etés paresseux et crèmes glacées.

Jeux d’échec; parties de dominos.

Cardigan fait main au porte-manteau.

Saisons au ralenti; des heures sans souci.

 

Puis le réveil sonne, l’école commence.

Une classe après l’autre, pas de chance.

L’amour se cache dans les réprimandes,

Les sourires, les mercis sur commande.

Souvenirs de septembre. Enfance mise à l’ombre.

Je l’entends: “Choisir, c’est renoncer!”

Un avenir pré-enregistré

dans des images de manque, de frayeur.

L’espace et la liberté, des leurres.

Je décide. Je m’enfuis. Je renonce aussi

aux ‘tu devrais’, ‘il faut’, ‘sois à l’heure’.

Mes enfants le respirent: “Ecoute ton coeur.

Le chemin est court, la joie, fragile.

Le présent n’est pas un rêve futile.”

J’enseigne une autre leçon. A ma façon.

Choisir? C’est chanter sa préférence.

Remercier le ciel d’avoir la chance

d’explorer, de grandir. Se tromper.

C’est accepter la vie telle qu’elle est.

On s’envole souvent. On trébuche de temps en temps.

 

Je me souviens de fines crèpes sucrées,

d’un tableau noir,  dessins à la craie.

Je garde la tendresse. J’oublie la peur.

C’est le choix qui écrit mon bonheur.

Le passé est un tout. Douloureux et doux.

 

Maryse G. Copans © 2010

 

Périple

J’avais perdu ma carte d’identité.

Je n’étais qu’une mouche dans le vent,

une idée qui flotte,

une petite fille abandonnée.

 

Trop de cachets dans mon passeport.

Des valises closes et anonymes.

Sanglots muets en forme d’adieux :

une rêveuse découragée.

 

De corridor en couloir,

de silence en chagrin,

les paysages se transforment.

Une voyageuse en transit.

 

Avions, trains, tunnels.

Voyages en dedans.

Départs retardés ; accident.

Un corps meurtri qui renait doucement.

 

Un ticket supplémentaire m’entraine

dans un périple nécessaire.

Phrases nées d’idées ; images sur papier.

Une artiste émerveillée.

 

Mon visa de passage est périmé.

Je choisis de m’installer.

Le vent dans les ailes :

une exploratrice retrouvée.

 

Mon cœur adopte sa deuxième nationalité.

Clavier qwerty amadoué :

les mots annoncent le port d’attache.

Une femme réconciliée.

Vous avez dit bizarre…?

Si vous avez les cheveux bruns au pays des anges blonds, c’est curieux. Si vous chantez faux mais tenez absolument à faire partie de la chorale de votre paroisse, vous êtes bizarre –ou inconscient. Si vous aimez tremper vos frites dans la mayonnaise comme on le fait en Belgique et que vous vivez à New York, c’est complètement nul. Mais si vous les mangez avec du ketchup en plein cœur de Bruxelles, c’est surprenant. Vous me suivez ? Tout dépend des habitudes, de ce qui considéré comme convenable ou non. Ma meilleure amie belge fut fort étonnée lorsqu’on lui servit une lasagne fumante accompagnée d’une salade verte (à Londres). Mes invités américains ne se lassent pas de glisser leur main tout entière dans mes gants de toilette ; une vraie moufle pour la douche ! La différence surprend, amuse, ou dérange. Et que dire de la mouette suivant le bateau qui assure son repas quotidien ? Rit-elle aux éclats à la vue de ces drôles de créatures à deux pattes clouées au sol alors que le ciel lui appartient ? Nous sommes tous différents, amusants, ou ridicules aux yeux de quelqu’un d’autre. C’est comme ça. Inutile de se mettre dans tous ses états. Une idée biscornue me trotte dans la tête : si de saugrenu nous passions à intéressant, charmant, ou même fascinant ? Osez ! Au début, c’est bizarre. Et puis on s’habitue…

L’Espoir

L’Espoir

Prisonnier d’une goutte de rosée sur une feuille fanée.

Silencieux ; minuscule.

Enfoui entre les pages d’un livre sur la mort.

Invisible ; prêt.

Tressé dans les mouvements d’un monde désarticulé.

Entremêlé dans les cris des oiseaux migrateurs.

Extase. Ou désespoir.

Emergeant d’un chagrin que rien n’apaise.

Renaissant des cendres d’une âme qui refuse de mourir.

Abandon. Ou foi.

Recueilli au creux des mains jointes pour prier.

Réel ; ardent.

Murmurant les mots d’une voix intime et secrète.

Doux ; fidèle.